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Mercredi 14 mai 2008
Ecrire, encore écrire... Une solitude soudaine au sein de mon quotidien, un calme inattendu me ramène à l'exercice et, pourtant, le temps me manque... L'afflût d'inspiration, le brouillis des idées, la multitudes des envies à évoquer, bref, je ne trouve pas les biais, les parades pour exprimer en toute justesse les émotions du moment. Et puis l'excitation, là, mon grand défaut, les pulsions, les impulsions qui gisent de nulle part et qui veulent toutes être entendues en même temps et au même volume...
Joie, sérénité et apaisement, voilà le premier constat "résumé".
Mes nuits sont désastreuses, mes journées mobilisées à un travail sous lequel je croule et qui, finalement, a repris le dessus sur tout, sorte de "protection" contre tout le reste, et donc, les mauvaises pensées, et le stress qui s'enchaîne, le vide de tout ce que l'on ne veut pas communiquer ou penser...
Mais toujours cette foutue tendresse, le manque cruel du moment, un bisous, une oeillade, une carresse, un mot doux, une gentillesse, n'allons pas jusqu'au compliment, mais bon : "David, t'es là, on te voit, on t'aime"... C'est fichu pourri de vivre seul, de ne plus avoir le compagnon des habitudes, la notion effective de vie de couple, même quand celle-ci finalement n'est pas parfaite...
On ne m'a souvent décoré de grandes démonstrations de tendresse et je dois dire que j'ai du galérer avant de ne l'apprivoiser moi-même pour pouvoir finalement la rendre. Mais je ne sais pas, une fois tenté et complice de la belle, l'addiction paraît certaine, à ne pouvoir s'en défaire...
Et je voulais parler hier soir, je me faisais cette réflexion toute illogique et saugrenue lorsque je fais un tour sur mon passé, qu'est devenu le sexe dans ma vie, ma libido, mes états de gesticulation post adolescents ? Rien, le grand rien. Pour l'homme, remarquez, probable aussi pour la femme, je ne maîtrise pas autant le sujet vous me l'accorderez, le sexe, la jouissance est accessible aisément, de la plus glauque à la plu élaborée des façons, mais soyons honnêtes, contenter ses petites folies fantasmées de l'instant ne relève pas, pour le mâle, de la sérieuse difficulté... Et bien quoi, que m'arrive--t-il ? Rien, pas la moindre de la moindre envie.
Aucune image, aucune pensée, aucune sensation qui voudraient m'emmener vers ce précipice là, dans lequel j'ai trouvé tant de satisfactions si souvent. Le corps, la chair, la présence, la chaleur, ces aspects me manquent, mais l'acte physique, la jouissance, la virilité que tout peut incarner, non, rien, pas d'envie ou de fantasmes cultivés.
Un ami me disait "ça y est tu es vieux". Quel con ! Et merde, ouai, si c'était cela que de n'être qu'adulte et sensé, raisonné, capable de maîtriser au plus haut sa libido. Le pire est que cela ne demande aucun effort précis, puisque je ne suis pas dans l'état d'esprit du truc. Rien, un grand rien, je le redis.
Alors, écrire tout cela démontre bien qu'au fond, je pense au sujet, que tout cela m'interpelle, mais je trouve si décalé mon attitude présente d'avec celle que j'ai toujours connue et appliquée, que finalement, une sorte de mélancolie en ressort. J'aime le sexe, au point je crois de pouvoir dire que nombre, voir la majorité de mes relations ont souffert d'une certaine distance ou incompréhension avec l'autre sur ce sujet. La jouissance physique n'a pas de pareille, l'exercice, quand il est devenu art charnel ou total abandon, est un délice que je ne pourrais jamais renier. Mais le sexe détruit, le sexe maudit et contredit, il épouse des formes qui travestissent les vérités essentielles.
Je ne veux pas vivre, là, de suite, d'aventures pour des aventures, mais je ne sais pas si je suis capable de me laisser dans l'abandon de ce rien sensuel.
Je  n'ai jamais eu d'autres armes pour me faire aimer que de donner, gratuitement et sans vergogne, mon corps, en guise de "récompense", et dieu sait qu'il n'en est pas une, et que je suis loin d'avoir la moindre vanité sur mes aptitudes sexuelles. Mais, pour un espace de tendresse, une minute de duceur, une nuit moins seul, faudrait-il en passer par là... Donner ce que je ne considère par ailleurs pas pour essentiel ou fichtrement intime, mon corps, pour profiter en retour moi-même, d'une autre forme de sensualité, de contact...
J'ai l'envie d'embrasser à pleine bouche les lèvres d'un homme, envie de lécher tendrement sa bouche et d'en dessiner les contours de ma langue, légèrement tremblottante, j'ai envie de cela, de ma main posée sur une poitrine nue, de m'endormir contre des cuisses dénudées et lassives, j'ai envie de ce rapport là, peut-être vain mais si rassurant.
Evidemment, j'évoque cela, et je pense forcément toujours au même homme pour répondre à cet irrepressible besoin. Mais, même si peu de temps s'est écoulé depuis notre rupture, j'ai cette certitude, peut-être erronnée, qu'à la moindre envie similaire, le dit monsieur ne se gênera pas pour associer à son corps une sensualité qui ne serait plus la mienne. Devrai-je attendre, maîtriser encore, jusqu'à me dire, je suis parvenu à un respect de moi-même, de mon corps et peut-être donc de l'autre ? Je ne sais pas.
Chaque jour est un jour où je me dis qu'à n'importe quelle heure, monsieur peut m'annoncer, "voilà, j'ai vécu telle expérience avec telle personne", ou sans rentrer dans les détails d'ailleurs, mais je sais qu'il en aura le respect. Je crois sans trop m'avancer que j'éprouverai, en l'état actuel du manque de lui, une jalousie certaine, mais aucun sentiment de colère ou de véhémence, simplement une sensation d'injustice à me dire : "mince pourquoi je n'y arrive plus moi"...
J'ai perdu de nouveau pas mal de poids, mon physique s'est à nouveau transformé, l'effet récurent et incompréhensible de chacune de mes ruptures, et de nouveau, à bientôt 33 ans, je retrouve des regards complices, des attitudes à mon égard qui dégagent une certaine complaisance, un degré de fierté à se sentir vivant, séduisant, sinon plaisant. Autrefois, j'aurai réagit, agit, me serai affolé ou embarqué dans la plus désastreuse démonstration de ce genre. Aujourd'hui, rien, je souris, je réponds avec la cordialité qui s'impose mais je poursuis ma route sans même me retourner, pas envie de savoir si le regard offert a perduré, si le sourire était une invitation ou simple marque de courtoisie ou de "reconnaissance"... Non rien, juste une demi satisfaction d'avoir profité d'une lueur de gentillesse et de laisser la filer derrière mon dos.
Mais la maladie me gagne, cette foutue obsession de la vieillesse, des complexes qui ne se tempèrent pas depuis le temps, et j'ai peur, peur d'être arrivé là à un stade où l'envie, carrément l'envie pourrait m'avoir quitté ou soldé de tout compte avec la sensualité et le corps.
Bla bla du soir, bonsoir, mais bon, la bonne humeur ambiante est entâchée de tordus questionnements !
par David publié dans : L'ego aime
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Mardi 13 mai 2008
J'ai passé un excellent week-end, tonitruant, riches en émotions, des émotions et coups physiques relativement graves, de jolis moments passés avec deux namoureux libres comme des tourtereaux qui dégagent et respirent la gentillesse, merci à mes deux potes... Le  retour de ma douce de ses multiples pérégrinations, et c'est fou, cette fille, la fameuse Madison, ben je vous raconte pas, depuis notre dernière rencontre parisienne, y'à eu un foutu déclic, belle amitié, très particulière, une intimité qui n'a pas besoin de se dire de trop ou de se montrer à l'excès, un truc doux, mais méga intense, elle me manque, j'ai aimé nos conversations, les regards, les mêmes longueurs d'ondes, et plein d'idées, d'envie, l'Islande, je sais pas... Enfin voilà, quelques deux ou trois personnes avec qui discuter ces derniers temps et favorisant les bonnes idées de s'en sortir, les envies de sortir de cette foutue merde...
Conviction première : un amour perdu ! Mon loustic ne reviendra pas, ou alors sous de multiples conditions, après de longues épreuves, et beaucoup de démonstrations de l'un vis à vis de l'autre, je pense, c'est en tout cas ainsi que je le vois. Et puis, plus cette envie, faussement passionnelle de vouloir reconquérir l'homme en question tout de suite, comme la pulsion d'ailleurs qui m'a fait partir de chez lui, briser notre couple. Et puis mince, je dois grandir, sorte de conviction que j'ai des choses à prouver, à lui et surtout à moi-même, et que, tiens pour une fois, lui aussi pourquoi aurait peut-être deux ou trois choses à me prouver également par amour ou sentiments forts... Et ouai, conviction nouvelle, pas totalement acquise mais en train de germer, que le truc en question se bâtit à deux et que je n'ai pas envie de faire le chemin seul.
Alors peut-être, probabilité de ne jamais retrouvé mon  loustic, mais attitude conforme et avérée, quasi certitude, que le loustic en question était (ou est) le mec de ma vie, je n'en démordrai pas, je sais évidemment ce que j'ai perdu, ça c'est facile mais le chemin que je parcours actuellement c'est de réaliser d'abord et surtout toutes les choses apprises et retenues, et merde, y'à pas de comparaison possible, des relations comme celle-ci, je n'en vivrai pas deux. Ne pas la revivre alors ? Je me ferai une raison, j'en souffrirai, on va pas jouer les hypocrites, mais j'veux plus d'une machine à cent à l'heure, d'un truc qui roule comme sur des roulettes et qui se dégonfle au moindre clou sur la route bitumée. J'veux du solide. Et si je n'y parviens pas, jamais, alors tant pis, je ne crois sincèrement pas pouvoir vivre seul, je saurai faire semblant, mais je ne veux pas d'amour qui se prétendent ce qu'elles ne sont pas.
J'ai envie de vivre et il y a longtemps que je n'ai pas parlé de mes projets personnels...
Voilà donc où j'en suis... En partant de Perpignan, pour des motifs encore une fois, impulsifs et déraisonnés, je suis revenu là où surtout je ne voulais pas, d'ailleurs, je ne crois pas être jamais revenu en arrière dans ma vie, bref...
Je travaille toujours pour cette institution minable, que je respecte mais qui ne me fait clairement lus "bander", oublié le social, oublié l'humanisme et le traitement de fond de la personne, on fait du chiffre, du score, de la statistique... Et puis voilà, il m'a été proposé un poste à temps partiel en milieu pénitentiaire, sur Grasse, dans les Alpes Maritimes... Au départ, j'étais clairement parti pour démissionner, avec pour sensation principale de me dire, "merde david, cela fait 6 ans que sous prétexte que tu es porteur d'une maladie potentiellement grave, tu devrais forcément t'assurer une sécurité d'emploi et patati et patata"... Et puis là, coup de bol, j'ai toujours voulu bosser en miliieu pénitentiaire, je conserverai mes "droits" de la fonction publique (enfin en même temps avec le gouvernement actuel, pas sûrs que cela tienne longtemps) tout en ayant un contact et une approche vis à vis d'un public certes difficile mais qui m'a toujours beaucoup "touché"... L'idée de la démission était, soyons honnêtes, la seule alternative trouvée pour rejoindre vite Perpignan et l'homme que j'aime, mais bon qu'aurait fait de moi ce mec, moi sans tunes, à la santé chancelante et aux humeurs vagabondes...
Alors, j'ai fait ce voeu d'affectation, en deuxième lieu j'ai redemandé une année sabbatique, afin d'éventuellement explorer d'autres horizons. Je m'en sortirai toujours, professionnellement parlant, mais je ne peux pas exercer une fonction qui n'est plus le moins du monde en cohérence d'avec mes propres convictions.
Année sabbatique, plus de salaire non plus, oui mais je ne sais pas, l'envie de se battre et de tenter un challenge, me prouver à moi que je peux faire autre chose, m'investir vraiment.
Au delà de ça j'ai un tel niveau de dettes, enfin pas vraiment d'ailleurs, mais des créances régulières, qui m'empêchent vraiment de ne plus prétendre à des rentrées régulières... Alors oui, s'est posée à moi la question de la version "pute moderne qui s'assume"... Un ou deux coqs se battent autour de moi, pourquoi pas... Je n'aime pas mon corps, un amant récent qui ne devait d'ailleurs pas le trouver non plus très attrayant, me disait régulièrement qu'il n'avait jamais vu un suceur aussi frénétique, une "entrée" aussi facilement pénétrable et une libido limite trop active. Cet homme, dont je pense le plus grand bien si vous saviez et qui sûrement disait tout ceci pour m'embêter un peu, n'avait au fond pas si tort. Je n'ai pas de respect pour mon corps, et si je veux m'en sortir, il faudra que je profite des hommes (à mon âge je n'aurai plus cette opportunité longtemps), alors oui, c'est peut-être l'alternative malsaine du moment, mais je dois m'en sortir et seul, je peux retourner la question dans tous les sens, je n'y arriverai pas. Le loustic probablement ne pardonnera peut-être jamais, me jugera mal ou trouvera ça d'un pathétique encore plus cinglé que celui dont il me distingue déjà, mais sinon lui, vers qui me tourner, et je l'aime trop pour lui dire à lui justement : "voilà, je n'ai plus rien, est-ce que j'existe encore ?"... Non pas lui...
Ainsi va la vie et j'obtiendrai mes réponses rapidement.
Je ne suis pas déprimé, ni foncièrement euphorique, n'exagérons pas; disons que l'état s'améliore, avec une pondérence que je ne me connaissais pas.
Maintenant, vous savez quoi, je veux de la tendresse, des bisous, des mots doux ou gentils. Je veux des compliments parfois, des choses qui me feront me dire que merde, je ne suis pas le dernier des débiles... Message perso à qui se reconnaîtra...
Allez fin de journée, fatigue assez lattente et envie de se délasser...
Bises.
par David publié dans : L'ego sourit
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Dimanche 11 mai 2008

Hier soir, Monsieur, « HIM » tel est son surnom, ou « Loustic » pour les plus intimes, c'est-à-dire MOI, participait à l’anniversaire de l’une de ses plus fidèles amies. Et 50 ans, j’imaginais déjà que ce devait LE grand anniversaire… beaucoup d’amis présents, Le fameux « Ice Beauty » rencontré sur Paris avec Monsieur, dont d’ailleurs je tairais sur le coup le charme ravageur et le physique tout à fait approprié à mes goûts personnels, et un tas d’autres amis que je ne connaissais pas ou imaginais sans assurance de les savoir ou non conviés…

La dite cinquantenaire est une femme très gentille, à qui je n’ai pu réellement parler qu’une seule fois sur les 9 mois que j’ai passé à Perpignan, et chaque fois que je l’a croisait ça et là, elle ne manquait pas de m’embrasser et de me toucher deux mots. J’étais certes l’ami de Monsieur, mais j’étais considéré, et je l’avais en estime pour le peu que je la connaissais.

Cette soirée sonnait pour moi, à distance, le soir de tous les paradoxes. Remplis d’émotions contraires, d’idées vagabondes et farfelues, je me réjouissais en tout premier lieu de la distraction collective qu’allait vivre mon amour perdu, bien trop solitaire à mon goût et qui évoquait ces derniers jours de l’ennui, peut-être de la solitude. J’aime le savoir avec ses amis, les vrais, les solides, ceux dont il me parlait en tant que tel, peu mais visiblement sincères et importants… Premier paradoxe égoïste et égocentrique, je me demandais de suite pourquoi durant notre vie commune, nous n’avions jamais partagé ce type de soirée, jamais hormis un restaurant pour célébrer l’arrivée d’un collègue au travail de Monsieur, mais repas relativement officiel je dirai… La honte de moi ? Notre plaisir à nous suffire de nous deux dans un quotidien calme et bien établi, je ne sais pas, je me souviens seulement n’avoir pas vécu de soirées de ce type avec lui.

Hier soir, j’étais heureux, et ce fut vraiment la première émotion ressentie, sincèrement. Le savoir de sortie, bien qu’ayant entendu, encore il y a peu, les dérives possibles de cet homme à l’issue de ces sorties pour quelques fois « arrosées », peu importe, l’essentiel me semblait soudain être cette possibilité pour lui de se distraire, de sortir de son appartement trop grand (évidemment je ne sui s plus là pour l’occuper !), mais aussi, une manière de renouer d’avec sa vie d’antan, je veux dire, d’avant moi.

Mais il faut dire que depuis deux jours, Him a des remarques blessantes, une distance étrange. Et hier donc, juste avant son départ, l’énième coup de merde de l’ex. Des annonces faites à ma place, des aveux que je voulais réserver à l’heure adéquate, bref, des évènements brutaux qui venaient contrarier l’ambiance générale. Monsieur ne devrait croire que mes versions, que ma vérité car elle n’a pas été toute divulguée, compte tenu du temps pressant, mais non, il aura fallu que ce meneur de  torts viennent là éparpiller des graines de doutes ou de poison.

Alors les doutes, les paradoxes, les peurs, un tas de mauvais sentiments se sont emparés de moi.

Malade depuis 4 ou 5 jours, bronchite asthmatique, la forme physique prend vite le pas sur le moral et j’avoue ne pas toujours contrôler en telles occasions mes émotions (déjà qu’en tant normal l’impulsivité l’emporte sur la raison à bien des reprises !). Mais, fait exceptionnel, j’ai dit à Monsieur, par texto interposé « sois heureux ce soir, amuse toi, passe une bonne soirée », avec une touche espiègle dont je ne peux jamais me passer « à bientôt, si ta soirée ne se finie pas accompagné ».

Première peur : oui, voilà, le savoir pris dans le tourbillon d’une sorte de coup de foudre « libidesque » ou que sais-je, un charme irrésistible, je ne sais quoi, un homme, un autre, sous les effets de l’euphorie ambiante, des substances tourbillonnantes, etc… Et le savoir ne pas rentrer seul, savoir que son lit sera enfin partagé par un autre depuis moi... Horrible torpeur à ne pas me lâcher, sans compter la conversation récente vécue à Paris avec messire le Pharaon, ami de Monsieur qui me racontait de vertes et des pas mûres sur le passé de Monsieur avant moi (que j’avoue avoir vaguement connu ou entendu pas aussi franchement détaillé).

Him m’a fait la promesse de m’avouer le jour où il vivrait ce type d’aventure, d’un jour ou de plusieurs d’ailleurs, je sais que c’est curieux, la requête émanant de moi, mais je sais aussi que cela me servira, que cela modifiera la donne, que cela aura sur moi des effets certes dévastateurs mais probablement irréversibles, encore que… Depuis qu’un semblant de soupçon s’est instauré sur une hypothétique infidélité de Monsieur durant notre vie commune, je crois que mes théories sur la fidélité ont bien évolué…

Bref la solution fut : deux somnifères au lieu d’un seul comme à l’accoutumée et coucher à 21h s’il vous plait. Et là, la belle erreur, la monstrueuse connerie… Le sommeil a directement et très vite dérivé sur un rêve absolument terrifiant, à n’en plus savoir si j’étais à cette dite soirée ou non, et si tout ce que je visionnais là ne représentais rien de prémonitoire…

Je voyais Monsieur, enivré, très légèrement, mais léger et papillonnant, courtisé par cet homme tout à fait à son goût. Entendez « à son goût », quelqu’un de totalement opposé physiquement à ce que je suis. Et j’assistais au spectacle affreux d’une séduction progressive entre les deux hommes qui peu à peu se rapprochaient, riaient et semblaient partager, ma foi, une intimité, tout à fait hors des propos festifs de la soirée. Quand soudain l’ex, mon ex arrive là (et ici nous ne sommes plus dans la prémonition !), me provoque, violent, virulent et brutal, et s’aventure à choquer l’assistance par des gestes et égards à mon intention franchement déplacés. S’en suivent des jeux de perversités absolument atroces, les deux « couples » fantasmés se mènent un mauvais combat de rivalité totalement perverse.

Monsieur et son homme partent ensemble, je les suis du regard, je vois par la fenêtre qu’ils s’engagent en direction de l’appartement autrefois partagé, et l’ex sourit d’un air mesquin, m’assénant là du dernier coup fatal.

Réveil brusque et tonitruant, la fièvre, 38,5°, délires, plus moyen de trouver le sommeil, même le chien est dérangé par les vas et vient répétés dans le lit trop petit. Minuit ou presque, plus moyen de dormir, larmes, soupirs et petits rictus de la scène virtuelle vécue. Mais inquiétude et angoisse, sanglots, et là je ne retiens pas un sms, vu l’heure tardive à Monsieur. Je ne me souviens plus de la teneur exacte d’ailleurs. Un « je t’aime de plus » sûrement, une pensée pour lui, rien qui ne soit trop équivoque je pense, pas de réponses, je ne retrouverai pas le sommeil avant deux ou trois heures.

Monsieur ne répond jamais, jamais, au « je t’aime » que je peux parfois lui adresser, de moins en moins nombreux quand même, mais rien, jamais le moindre commentaire.  Ce texto était malvenu, mais je ne sais pas, je ne me souviens de rien, je n’enregistre pas mes messages envoyés, et puis quelle gravité, probablement efface-t-il depuis longtemps tout ce qui provient de moi.

Ce matin, la fièvre est tombée. La gorge et les bronches, en plus d’être encombrées, nouées je dois dire, de peine et de questions. Je n’en poserai pas, je ne me déclarerai pas. J’arrive aujourd’hui à retenir toutes ces envies incessantes de le contacter. J’ai eu l’idée récente, puisque je serai en vacances de venir passer chez lui mes 33 ans, je ne voulais pas de fêtes, pas d’anniversaire à proprement dit, mais je ne sais pas, n’être qu’avec lui, rien que lui, et son cops, et mon cyclo. L’idée était saugrenue semble-t-il, quasi refoulée de Monsieur, en tout enserrée dans des conditions bien trop nombreuses pour que je puisse m’engager à la moindre promesse ou tenue demandées. Alors, comme toutes les années, je ne fêterai pas cet anniversaire, encore une fois le but n’était pas là, alors, comme toutes les années, je dirai « je suis seul, je n’ai pas d’amis », la Cosette qui se complaît à la perfection.

Aurai-je la moindre nouvelle de Monsieur ce jour ? L’angoisse était là au réveil à 6h, vive encore. Tout peut prendre un nouveau tour aujourd’hui, tout peut me résoudre, alors que rien aucune décision n’était clairement prise, si ce n’est des propositions que je n’ai pas eu le temps de faire, des surprises que je voulais laisser à l’appréciation de Monsieur. Il n’a jamais dit qu’il ne m’aimait plus, il n’a jamais dit qu’il ne me reprendrait plus, les seules choses qu’il ait pu balbutier ce sont des « je pense que non », et aussi, soyons honnêtes, « pour moi, les choses sont claires ».

Drôle comme le temps passe et que l’oubli ne s’opère pas ni le souvenir de s’amoindrit, pire, j’ai le sentiment que tout s’alimente et s’agrémente de jour en jour. J’avoue connaître un remède, mais il est purement dégueulasse et vomitif, je ne saurai pas survivre à ça. Pas là, tout de suite.

par David publié dans : L'ego aime
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Dimanche 11 mai 2008
10 ans qu'ils n'avaient pas sortis un album, et encore le dernier était le fameux et excellent live "Roseland NYC", donc à vrai dire, cela fait 12 ans que Portishead n'avait pas sorti d'opus studio, et que le plus fort, si l'on s'en réfère à leur réputation de "papes du trip-hop", c'est que le groupe n'a en tout et pour tout sorti que deux albums et un live donc ! Voilà à peine un mois qu'est sorti le troisième, justement appelé "Third", et je crois que je n'aurais rien à dire sur ce dernier. La même veine artistique, la même voix envoûtante, les orchestrations superbes, et peut-être, une nouveauté, deux ou trois titres qui sonnent comme de belles machines de guerre bien résolues mais toujours superbes.
Enfin voilà, assister à un concert de Portishead, en tant que fan inconditionnel, et le pire, c'est vous ririez si vous saviez depuis combien de temps j'aime réellement Portishead et qui me les a fait découvrir, mais enfin bon passons, assister à leur concert était indispensable.
Au départ, ce fut mon cadeau de St Valentin de moi à lui. Et puis ce fut un concert organisé entre elle et moi (ma douce Madison). Mais lui ne pouvait pas être absent, je le conviais ainsi en lui offrant de nouveau un billet (pas de questions sur ce que ce sont devenus les deux billets initiaux !)
Paris - Zenith - 5 mai 2008
Je découvre donc la salle, mon dernier souvenir de salle parisienne était le Palais des Congrès, assez mauvais souvenir pour moi qui assistait au live de mon idole parmi toute Tori Amos, mais là, la surprise, une véritable salle de concert, dont je ressentirai très vite chaque sensation, tant visuelles qu'auditives.
C'est bel et bien Beth Gibbons qui tient de bout en bout le concert, quasi absente, et sa seule voix pour fantômatique et impresionnante voix à vous ensorceler et déchirer les tympans. Je ne sais sur combien d'octaves chante ce peti bout de femme ni à quoi elle tourne, lorsque qu'elle est de dos face aux musiciens un verre à la main, mais l'image que je me faisais de ce concert ne diffère guère de celle que j'ai maintes fois vue sur le dvd de Roseland NYC.
Intimiste et sobre, le groupe donne ce qu'il a à donner, du professionnalisme, de la musique quoi et à certains de qui l'on pourrait dire "quelle faible participation avec la public", là, on ne demandait rien de plus, la musique, la voix, l'ambiance et les silences faisaient tout.
Pendant que Madison cachait ses larmes sur "Glory Box", moi, je déversais lamentablement, lors du seul rappel, lesmiennes, à flot, sur "Only You". Mais c'est him qui déclara la phrase la mieux notée "si une personne n'a eu de frissons sur ce morceau, je ne comprends rien", il s'agissait de "Wandering Stars"...
Rien à dire que du bon sur ce génial moment de musique, la dernière prestation aussi envoûtante fut celle de Björk aux Arênes de Nîmes en Août 2006. Peut-être un moment moins intense, mais une voix, un charme et l'absolu magie des lieux qui en fait un concert aussi culte.
Voilà donc aussi un extrait de leur troisième album, je n'en avais vraiment aucun à choisir en priorité, tant je les aime tous. Alors voilà, bonne écoute, et espérons qu'il ne faudra pas 10 ans pour le prochain opus !
En bonus, une petite vidéo, de la fameuse chanson à frissons...



par David publié dans : Play-List communauté : Toutes les musiques
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Samedi 10 mai 2008

J’ai certainement le cœur serré, oui, tu sais, je l’ai toujours eu plutôt émotif, le cœur, de bonnes ou mauvaises manières, d’ailleurs, mais qu’y pouvais-je, c’est ainsi qu’on me l’a forgé, le cœur. Je ne sais d’ailleurs si tout s’imbrique ou s’implique à notre brève et dernière conversation qui sur le coup, m’a bien plus malmené qu’à l’habitude, ou si j’en suis arrivé à un stade où des décisions que je n’assume pas vont être prises, il n’empêche que le cœur est serré.

Tu m’as demandé souvent s’il n’était pas chez moi, hormis une impulsivité latente, un certain goût pour l’autodestruction. Probablement… Est-ce que je contrôle vraiment tout ? Pas vraiment… C’est ma version à moi de la fatalité, ne rien faire contre les condamnations que l’on perçoit bien avant qu’elles n’assènent leur coup final. Après tout, pourquoi laisser faire le hasard quand il vous prend par surprise, et pourquoi tenter de le vaincre lorsqu’i s’annonce assez précocement pour qu’on puisse l’éviter ?

Je t’ai expliqué, il y a encore très peu de jours, le peu d’intérêt que j’aurais à me battre, là, comme un couillon, seul, même si le chien est là. Pour qui, pourquoi, vers qui et vers quoi ? Ne trouves-tu pas que l’homme et son chien justement font figure de la solitude la plus implacable. Là, ils vont de lieux en lieux, d’hébergements de secours en solutions d’urgence, et puis, le chien, c’est peut-être bien tout ce qu’il me reste, mais pas sûr que je sois vraiment tout ce qui lui suffise.

Tu ne sais pas tout de l’enfance à Cosette, pas tout des épreuves à subir, combattre justement et pas tout des êtres chers déjà perdus en chemin. C’est vrai, neuf mois de vécu amoureux, ce n’était peut-être pas encore une « vraie » vie de couple, même si je voulais le croire, et m’y engager avec rage et convictions.

J’ai aimé une femme, profondément, elle m’a fait un enfant. Je n’avais que vingt ans, comment et elle, dix années de plus, comment pouvais-je lui dire que je serai le père de cet enfant là… je l’ai perdue, l’enfant n’est jamais venu au monde et il me fallut trois ans pour l’oublier. Puis ce fut ma vie homosexuelle qui s’affirma, d’aventures en aventures, des hommes pour le sexe et l’expérience, du sexe pour le plaisir et la jouissance, du sexe pour l’intérêt egocentrique et vénal, du sexe jamais par amour vraiment, rien qu’une adolescence en retard, à 25 ans, rien de plus normal.

Jusqu’à lui, dont tu sais à peu près tout, ma passion, mon amour, et cette soumission assumée, cette aliénation à ses désirs pervers ou malsains, certainement proches de ma véritable nature d’alors. Le sida, en fait, rien, un mot, une vague impression de danger désormais, mais rien, la séropositivité. Et 5 ans d’amour-tendresse avec un gentil garçon, qui me sauvera de tout, de la déchéance matérielle, physique, de la solitude et de cet instinct de survie dont j’ai toujours cruellement manqué. Mais la tendresse en place de l’amour ne suffit pas. Est arrivée une nouvelle aventure, mon premier amant séropositif, comme moi, un coup de foudre, une passion sans lendemain, mais une ouverture sur une nouvelle rage de vivre et de dévorer.

Jusqu’à l’homme d’avant toi, dépasser mes limites pour ce que l’on croit l’amour. Mais lorsque l’on déplace autant, lorsque l’on motive autant d’énergie et de fougue, alors force et de reconnaître que l’on ne se sort jamais vraiment des champs du rêve et de la passion. Ceux-là même qui ne conduisent pas forcément,  rarement même au véritable et durable amour. Pour lui, j’ai tout laissé, les amis qui n’ont pas compris, mis devant le fait accomplit, un travail où tout me réussissait, une vie stable, et peut-être même le début d’une réconciliation familiale.

Cela faisait désormais 6 ans que j’étais « malade » sans symptômes réels, et ces mois s’écroulèrent en poussière sous l’agonie d’un corps qui cumula d’un coup les maux en tout genre, et le plus grave probablement (encore que je ne l’ai toujours pas vraiment compris) : le sida en tant que sida, non plus un mot, « séropositivité » mais sida. Un an à me débattre de démonstrations infâmes et inexpliquées de mon corps vacillant, un an à souffrir la fin des rêves, plutôt à réaliser qu’ils n’étaient que rêves, ma première infidélité, avec le premier venu, celui qui ne me voyait pas « malade », ma première déraison devrai-je dire, la fin de deux années de folie, deux années dont je ne renie pourtant rien, si ce n’est l’issue pathétique.

Et puis toi, venu de nulle part, beaucoup de points communs, supposés du moins. Des discussions virtuelles, des intérêts partagés, et l’envie au bout du compte de se rencontrer, vraiment, le radis et la carotte comme ils se le disaient à l’époque. Un intérêt pour ta personne plus que confirmé, et comme j’ai coutume de le pratiquer, sans langue de bois, l’aveu de mes sentiments ambigus, assez solides en tout cas pour qu’ils ne demeurent pas silencieux ou muets. Tu ne l’as pas cru, tu t’es laissé séduire, puis embarqué, et voilà, l’histoire débutait, je quittais à nouveau tout, amis, nouvel environnement social et surtout, sécurité matérielle. Qu’importe, tu étais le seul, je ne voyais dès lors que toi.

Je savais que l’histoire ne serait pas aisée, que la carapace à fendre ne serait pas chose facile, mais il n’était pas là de passion, tu me l’interdisais dès le départ (première rupture), il ne fallait aucune hésitation (seconde rupture) et surtout, il faudrait être patient, rigoureux, vivant et adulte. La vie quoi ! Peut-être ma première expérience de vie commune finalement. J’entends par là, le quotidien immédiat et engagé de façon assez réussi me semble-t-il. Il n’y eu guère que la santé qui venait contrarier nos journées tranquilles, et mon indocilité financière, cette sorte d’immaturité encore qu’il me faudrait peu à peu acquérir. Je ne m’en suis pas laissé le temps.

Tu m’en voudras sûrement mais je ne sais de l’un ou de l’autre qui a réellement quitté l’autre. Est-ce moi qui, lors d’un évènement tragique et brutal ai réagit sous le coup d’une pulsion qui nous conduirait au chaos deux mois plus tard, ou est-ce toi qui ne t’es pas le moins du monde battu pour me retenir, pire, qui m’a laissé partir en me laissant croire que le temps pourrait peut-être nous sauver, alors même que le soir même tu retirais ces mots là et m’ôtais tout espoir.

Voilà, je voulais écrire sur un tout autre sujet et je viens de résumer encore une fois cette histoire, ma version de l’histoire…

Vivre, mon amour, j’en suis apte, je l’ai prouvé, j’ai perdu la seule femme que j’aimais, j’ai vaincu bien plus que tu ne l’imagines et je vis encore avec des démons dont tu ne supposes même pas la dureté et l’horreur. Vivre, malade ou non, que m’importe. Vivre, salarié ou chômeur, que m’importe. Vivre, seul, pour rien ni personne, alors non, cela, oui cela m’importe trop. Tous les combats sont possibles, toutes les chances et opportunités sont imaginables, tant que l’on vit pour un regard, un autre, des autres. L’un qui vous aime, les autres qui vous soutiennent, vous écoutent et sont là, oui, les regards, les présences, je ne me nourris que de cela. Et sans ces derniers, alors tout ne se nomme que survie, combat de trop, et je ne suis pas animal, je ne suis pas instinctif, je ne sais pas faire. La jungle m’effraie.

Alors, je ne suis pas autodestructeur, je ne suis pas suicidaire, admets qu’il ya longtemps que cela serait fait sinon !, mais, vivre, être vivant, battant, pour toi et tous ceux qui ne sont plus là, on est dans une énième utopie que je n’ai pas envie de bâtir. Tu m’as fait grandir, quoique tu penses, je ne crois plus en l’impensable, irréalisable. Je me moque un peu de tout cela, franchement peu m’importe. Chaque jour de plus et un jour évidemment sans toi, mais aussi un jour où tu pimentes de phrases souvent innocentes, je veux bien le croire, ton indifférence à mon égard. Le pire à me donner en fait ! Mais je ne t’en ferai nul reproche, l’amitié n’est-elle pas trop précoce, pire, une utopie peut-être…

Je passe alternativement des phases de profonde tristesse, crises de larmes ou de nerfs et j’en passe, à des phases de lassitude et de fatalité quasi léthargiques. Je ne comprends plus vraiment bien cet état là. Tu me sembles une « cible » bien trop hermétique pour moi, et je crois que de toute ma vie, c’est l’unique fois où je baisse lentement les bras, avec comme horrible sensation ajoutée, l’idée que tu vas disparaître de mes alentours, comment je ne le sais pas, mais voilà, et hop les pleurs, j’ai si peur d’oublier un jour ton visage…

L’oubli, c’est peut-être la pire des ruptures. L’oubli, c’est sûrement une mort dont on ne dit jamais le nom et qui gangrène les lendemains des amants qui n’y croient plus. L’oubli.

par David publié dans : L'ego pleure
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Samedi 10 mai 2008

Je ne sais pas, est-ce un abandon total des armes, une façon plus ou moins tacite de ne plus considérer le « combat », même si rappelons que l’amour n’en est pas un, mais voilà, rien n’est plus vraiment à l’identique. Lassitude ou simple évidence de qui ne veut plus souffrir, car ce n’est que cela, de la souffrance, malgré la force, la volonté et la vigueur. On ne force pas l’autre à vous aimer, non, on ne le force pas, l’amour est là ou ne l’est pas.

Mais, si l’amour n’est déjà plus là, moins d’un mois après mon départ, alors, je ne peux que réaliser qu’il ne fut jamais entre lui et moi.

Je n’étais que la cerise sur le gâteau, et la question est : qu’était le gâteau ? Lui et sa vie solitaire avant moi, ou l’homme d’avant, jamais vraiment oublié ?

Je suis une boulette, un hypocondriaque, si je l’écoutais. Je suis immature, je suis impulsif, je suis égocentrique, je cultive une somme de défauts, et je tente par tous les moyens de me souvenir un compliment, je n’y parviens pas.

J’ai pleuré cette nuit. A plusieurs reprises. Que l’amour soit parti, déjà ?, si tôt ? « Comme l’on a envie de ranger le beurre et qu’on le met au frigo », « fini les tartines », les comparaisons ou métaphores ont blessé, durement, âprement, c’est mon orgueil qui parle bien sûr, mais l’incompréhension surtout et la remise en cause de plusieurs mois à s’être cru en amour. L’amour, le vrai, je suppose, ne s’évapore pas ainsi, d’un coup, sur la simple volonté de l’homme quitté qui souhaite s’en sortir et se protéger. Alors s’il ment, ou se cache la vérité, peut-être, mais il n’empêche que les mots sont amers et bien élus, objectivement utilisés pour atteindre, là, mes points sensibles, mes failles…

Vraiment, première grande tristesse, et première sensation de perte, de désaveu, de non-existence, non-considération.

Je conserve quelques convictions, il parviendra toutefois à les élimer peu à peu, il sait tout, a très bien discerné mes faiblesses, et ne fera qu’une bouchée de pain de moi. Pourquoi ? Je ne sais pas. Vengeance ? Je l’en croyais dépourvu. Rancœur ? Oui, mais pourquoi ne pas l’admettre…

Et, avec ces espoirs en moins, je me fous en l’air. Et sans espoirs, je me conduis mal.

Aucun reproche, même pas de la colère, juste de la tristesse, de n’avoir plus le même interlocuteur, plus l’être aimé d’il y a peu, et même pas l’ami d’avant tout cela, qu’est-il devenu, qu’a-t-il fait de moi… Pleurer.

Lui va bien, le revendique, la prochaine rencontre proposée est vaine, Vanessa Paradis à Nîmes également, je le suppose. Et j’attends, oui j’attends, le jour du silence, des sans nouvelles, de l’adieu qui ne dit pas mais qui y ressemble dans tous les contours du vide imposé. Incompréhension. Pleurer.

 

par David publié dans : L'ego pleure
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Vendredi 9 mai 2008
Ainsi, tu penses donc que je te crains, pire que tu es si "indispensable" dans mes parages que, forcément, un jour ou l'autre, très vite sembles-tu croire, je reviendrai ?
Ce n'est pas toi que je crains, toi que j'ai cru aimer, toi qui m'a fait vivre dans un rêve même lorsque je m'en débattais, toi qui a voulu que je culmine là-haut, sur des cîmes dont j'étais bien incapable de redescendre, toi qui a édulcoré, fait que la vie n'était pas la vie, mais uniquement une passion de tes seuls idéaux.
Oui, je crains tes offensives, mais à mon encontre, que pourrais-tu bien me faire, j'ai déjà bien perdu, avec, pendant et après toi, sans que tu n'en remarques aucune trace. Je crains tes menaces, de plus en plus concrètes, je crains tes mots, lorsque tu prononces son nom, et ce qu'il t'inspire. Je crains tout ce qui est au délà de toi et moi, et dont tu as fait un combat de trop, un acharnement qui finira mal.
Oui, probablement, je suis une pute. Le sexe par intérêt, le sexe par plaisir, ou le sexe par amour, oui, je suis apte à différencier toutes ces notions, et j'ai beaucoup d'estime pour moi-même, certes, mais, pour mon corps, non vraiment pas. Oui, il est vrai que j'ai retourné la question dans tous les sens, oui, je sais qu'à ces interrogations, tu serais les réponses, mais souviens-toi bien que tu n'es rien, que le provisoire que je peux nous inventer ne trouvera aucun ancrage dans une réalité faite d'un "nous" auquel" je n'adhère pas.
Je te demande de le laisser, lui.
Je te demande de ne te consacrer qu'à ton soit disant amour, moi semble-t-il. Je te demande de ne pas mêler à ta haine, un étranger qui n'a même jamais rien fait pour l'attiser.
Tu ne sais rien des 9 mois avec lui, et tu n'as même pas le droit de les comparer aux deux années avec toi. Tu ne sais rien, juste ce que ta jalousie te pousse à croire. Mais de quoi es-tu jaloux ? Ne vois-tu pas que l'histoire est terminée, que je suis là, immobile, prêt à rendre les armes. Ne vois-tu pas que je me moque bien que ce soit toi ou un autre, puisqu'aucune autre alternative ne m'est proposée ?
Alors justement, voilà, dis-toi bien que quoiqu'il arrive, tu ne seras et ne resteras que cela, "toi ou un autre", sans distinction, je n'éprouve rien, pas le plus petit désir, pas la moindre émotion. Et si tu veux tout de même t'acharner, d'abord, fais le à mon encontre, ensuite, ne viens pas te plaindre de l'issue tragique que tout cela causera.
Stop maintenant. Tu as gagné.
par David publié dans : L'ego pleure
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Mercredi 7 mai 2008

C’est bien le cœur qui parle pour raison, mais entendons-nous bien : la raison n’accède qu’à peu des volontés du cœur. C’est ainsi que je vois, que je ressens, car il est un intérieur à mes émotions, comme si chaque larme ou sourire avaient pour fleuve à se laver mes veines palpitantes. C’est ainsi que je comprends, de par ce regard extérieur, chaque jour plus âgé, meurtri, mais pas seulement, accomplit, soumis à des épreuves dont, d’ailleurs, je ne suis pas le seul « esclave ». Car d’enchaînement, il s’agit bien, l’éternel privation de liberté que seul nous inspire et nous confère l’œil aiguisé d’autrui. Je n’ai jamais su exister que sous cet angle là, au travers des ces avis là, cela fait de moi un égocentrique, mais hélas, un triste soldat qui irait au combat sans autres armes que le bouclier qu’on voudra bien lui prêter. Je ne suis rien, sans être pour ceux-là, et je suis encore moins quand je n’accède plus à l’essentiel qui ne se résume jamais à des précisions théoriques.

J’ai mal, c’est à n’en point douter. Si mal… J’ai beaucoup écrit les mots du désamour, j’avoue découvrir le mal du mot qui s’empêtre dans l’amour qui s’empêche et se restreint.

Je t’aime.  De ce constat, le plus beau, n’est-il pas vrai, le plus abouti, ne dit-on pas, je n’ai pas la moindre opportunité, pas la plus petite perspective. On me parlera d’espoir, mais le traître est un brocanteur de pages de romans déchirés, des épopées qui commencent à un siècle et s’achève sur deux ou trois autres plus tard. Nos amours ne sont que les lambeaux des pages déjà écrites et lues, nos amours n’ont d’original que nos singularités bien distinctes, mais qui sommes-nous donc, le saurons-nous un jour, franchement, faudrait-il absolument le savoir… A ces questions, je me laisse gagner par la fatalité, ta fidèle, ton alliée, et ta défense première.

Nous venons de partager quelques jours, loin de nous, loin de nos univers autrefois communs et rompus depuis peu. Nous venons de nous retrouver pour quelques promenades, quelques errances et des tirades extraites de nos viscères, avec plus ou moins de vérité, sinon de complaisance.

Tu ne t’es pas débattu devant mes baisers, tu ne m’en as rendu qu’un, toi-même sujet aux cautions du cœur et de la raison. Et ce que j’aimais là, dans cette scène, c’est que tu souffrais à vouloir à tout prix te départir. Je ne comprendrais jamais. Tu as dormi, je t’ai caressé les cheveux pour que ce la quiétude justement t’emporte, et tu ne sais certainement pas que ma nuit fut semée de quelques réveils brusques, à t’entendre respirer fort, à tes genoux s’étirant sous les draps rêches, à ton souffle, celui de l’enfant qui a bien trop vécu sa vie d’homme.

Tu m’as toujours appelé « bébé » et, parfois encore, tu prononçais ces mots là, je me reconnaissais évidemment, mais ils m’interpellaient. Tu fuyais mon regard et, parfois te posais sur mes yeux, mes gestes ou façons, j’ai vu, je n’ai rien dit. Et puis, tu as eu ces distances à imposer, les règles de la raison, toujours, souvent en tout cas, contrecarrées pas tes envies profondes. Et je devinais, comme aux derniers mois de notre vie commune, par intuition, déduction et, finalement, naturel, que tu m’aimes. A ceci, je te disais « j’ai vu que tu m’aimais, et je ne comprends pas le paradoxe entre ce sentiment et tes attitudes inverses ». Tu me caressais la joue pour balayer l’explication de trop, l’espoir inutile.  

Nous sommes deux énigmes l’un pour l’autre, j’ai retenu ce terme. Même si tu crois en la fluidité de tes positions, ton goût pour le secret, ton naturel pudique et tes instincts de protection, tu faillis parfois à ces pendants bien trop cultivés pour retrouvés l’inné de la vérité pure et donc, de ton amour, de ta tristesse aussi, de ta colère sûrement, mais de ton désarroi surtout.

Ô certes, tu n’es pas à l’agonie, comme tu me l’as indiqué « je t’ai fait souffrir », mais non, « je ne t’ai pas beaucoup fait souffrir ». Ces petites phrases qui résument tant ton aisance naturelle à me blesser d’une certaine indifférence. Il faudra toujours que je n’existe pas, ou moins, et que jamais tu ne fissures le métal de ta grande armure. Je ne crois pas que tu me veuilles du mal. Non. Je pense désormais qu’il te faut m’atteindre là où tu as décelé mes points faibles, m’atteindre pour me raisonner, me limiter, me tempérer. Et cela, nous le savons bien, ne peut que contourner les remparts plus ou moins solides de mon ego.

Mais à ne plus me faire exister, à flouer les indications, à ne plus m’octroyer de statut défini, j’ai aujourd’hui le mal du cœur qui vient assaillir celui de la raison. J’ai aujourd’hui la passion des infinis champs du possible qui s’est éventrée des doutes de la cruelle vérité, si tant est qu’elle est la vérité.

A de multiples reprises, j’aurais voulu ce courage pour nous détruire mieux que je ne l’ai fait, aspirer jusqu’à la moindre poussière affective d’un plancher ras de nous. Mais je n’en ai pas la force, pas la volonté, pas l’envie, et pas le sang. On l’évoque souvent en imagerie, en poésie, mais voilà que mon sang, ma chair, mon corps, tout ce que je suis s’emballent aujourd’hui, et encore plus pour toi (parce que décuplés par l’absence j’en ai conscience). Mais je hais ces sensations d’ivresse et de plaisir qui gagnent mon épiderme lorsque je te frôle. C’est la peau alors qui ressent et éprouve. L’envie de te toucher, cette sensation de faim vorace et sensuelle, cette impression d’appétit charnel et doucereux.  Je ne maîtrise plus rien alors, je suis libre, c’est un corps qui s’exprime, et la retenue que je puise néanmoins je ne sais où est un supplice hargneux. Mais je peux être dévoré par le désir, je ne le cacherai pas, tu es beau, mon beau, celui que je serai le seul à voir sous cet air là, cet esthétique là, cette beauté.

Quand je doute le plus, que je pleure à m’en déchirer de cris sourds le fond d’une gorge bouchée de sanglots, c’est que je t’imagine justement à mêler ton corps à celui d’un, de plusieurs autres. Curieusement, je ne crains pas les sentiments que tu pourrais un jour, éventuellement, dédiés à un autre que moi, non, cela me paraît certainement trop improbable, trop impossible. Alors ce qui m’effraie véritablement c’est la chair qui se donne gratuitement, ou pour les délices de plaisirs fugaces, les libidos endiablées par les pulsions. J’ai l’horreur et la souffrance de cet imaginaire là, celui où tu me diras, où je saurai que d’autres doigts se sont perdus sur ton corps tendu.

Et pourtant, à t’aimer si fort, j’attends, sans le moindre doute, un bonheur pour toi, une nouvelle envergure, d’autres alternatives, que je ne sois plus, et qu’une exclusivité me destitue à jamais. Oui, je le souhaite comme j’en ai peur, mais t’aimer c’est aussi vouloir le mieux, non pas pour un « nous » hypothétique », mais pour un « toi » épanoui. Drôle et difficile paradoxe que celui du bien que l’on souhaite à l’être essentiel quand pourtant ce bien là pourrait nous achever à jamais.

J’aurai peut-être préféré ne pas connaître ta vie d’avant moi, ceux qui ont pu la traverser, les évènements, mêmes anodins qui ont pu la jalonner, car chaque jour, je pense aux lieux virtuels où je mourrai de te retrouver, je crains des villes, Bordeaux, j’ai peur de prénoms, F. ou P….

J’écris, dans ce train qui me conduit encore une fois où je ne suis pas chez moi. J’écris, j’avais décidé de tout dire. Mais tout, c’est nous, et forcément résiste de l’impalpable et de l’indiscutable de tout cela. Me lis-tu et comment me lis-tu ? J’aimerai recevoir ton visage, tes réactions lorsque j’exprime tout cela, puisque je sais si mal le faire de vive voix.

A cette époque là où nous nous sommes justement rencontrés, et que nous nous engagions dans ce qui deviendra une belle affection, pour ne pas dire amitié, tu savais de moi mon impulsivité, mais aussi, et tu m’enviais alors, mes facultés à prêter, pire, à offrir, à l’amour, tout, jusqu’à la moindre miette. Ainsi, tu vivais mes confidences sur cet amour qui s’envolait à l’autre bout du monde, tu restais « admiratif » de mes décisions, et tu l’as dit, tu m’enviais.

Ce sont ces écrans virtuels, nos conversations ou nos écrits dans l’ombre de l’un et de l’autre qui ont peu à peu fortifié une attirance. Tu vivais seul, tu prétendais aimer le charme de la solitude de l’indépendance qui ne te privait pas de plaisirs soudains, mais l’amour selon toi, oui, l’amour ne serait plus jamais qu’une « cerise sur le gâteau ». Et puis, tu es venu jusqu’à moi, concrétisant, affirmant d’autant plus mon attirance. Je rencontrais non seulement un homme charmant, mais, et je l’ai perçu dès le départ, un homme qui, intellectuellement, m’embarquait dans les travers de sa personnalité.

La folie amoureuse que j’avais eue pour cet homme là, je la vivais désormais pour toi, immédiate et spontanée. Alors, on pourra bien dire que tous ces termes employés ne se résument qu’au mot « passion », certes, mais, très tôt, tu m’as interdit les élans de trop, les élans floués ou désordonnés, tu m’as appris une discipline amoureuse, un respect, une certaine lenteur à la découverte. Et « lenteur » n’est pas le terme exact, il faudrait dire que tu n’auras jamais voulu bousculé le temps. Cela ne s’est pas fait sans mal. J’ai reculé deux fois, partant lâchement, te quittant alors même que rien n’était réellement construit, le premier mois et deux ruptures, tu ne les oublieras jamais, pourtant quand je les revisite dans ma mémoire, il ne s’agissait que de peur, que d’un changement brutal entre une vie et une autre, lui et toi, les opposés parfaits. Je n’arrive qu’à me reprocher la lâcheté des ces actes, mais pas leur « valeur », les hésitations et les craintes furent, de mon point de vue logiques, elles ont assuré mes sentiments, les ont rendus plus affirmatifs.

Et je suis revenu, un jour comme un autre, tu m’as enlacé, si fort, si passionnément, tu ne voulais pas me perdre, tu acceptais les mille pardons que je t’avais déclamés, et nous nous engagions dans une vie de couple assumée.

Sept mois, c’est environ le temps qu’il m’aura fallu pour m’adapter à cette nouvelle vie, à t’adopter, comprendre uns à uns tous ces codes de toi, ces habitudes à ne pas défaire, la place à trouver. J’ai manqué de tendresse, tu étais foncièrement indépendant, libre. J’ai adopté des comportements, du plus ridicule au plus sincère, pour atteindre le plus profond en toi, et lentement, je parvenais à trouver un nid que tu m’avais préparé, un nid qu’il fallait néanmoins consolider à deux.

Et puis, la santé, le travail, l’argent, la vie quoi, les considérations qui gesticulent autour de l’amour, le malmènent ou l’empestent d’humeurs souvent inadaptées. Il y eut un évènement dont nous n’avons pas mesuré l’ampleur. Un triste sort qui, toi, te faisait réaliser ma souffrance physique, et qui, moi, me terrorisait devant ta distance et ton manque d’émotions. Quand je suis sorti de l’hôpital, quasi nu ce jour là, puisqu’évidemment il s’agit de santé, j’ai compris que tu étais excédé, que tu ne comprenais pas ma douleur, et que, peut-être tu le comprendrais, et donc ne la soutiendrais jamais. Alors oui, j’ai dit des mots horribles, j’ai vociféré toute cette peine qui déchirait ce dimanche de malheur. Je ne me reproche rien mon amour, il ne s’agissait pas de rupture, il ne s’agissait encore moins de haine, mais juste de désespoir, et cela tu aurais pu l’entendre.

J’ai vécu les jours suivants dans cette tristesse latente, réaliser que tu ne serais pas là pour moi devant la maladie m’a condamné, presque anéanti, toi, oui toi qui chaque jour durant connait le mal, la dégradation du corps, les méfaits de la maladie. C’était justement là notre incompréhension, tu avais agit avec la distance peut-être trop retenue du « professionnel », et j’attendais l’appui d’un amour. Il fallut un certain temps pour le comprendre, deux mois, les deux derniers mois de notre vie en commun.

J’avais engagé des actes pour partir, te quitter, si choqué que j’étais par cet épisode là, et je suis me suis engouffré dans un système hiérarchique et bureaucratique, celui de ma profession, qui bientôt allait me séparer de toi, malgré mes recours, mon acharnement à dire « non, je me suis trompé, effacez ma demande, laissez moi avec lui ».

Car deux mois justement ont passé, deux mois où, dans ce nouvel appartement, j’avais une place, tellement de place, j’acceptais maintenant ton besoin au silence, je le respectais, et même si je commettais encore quelques erreurs, je peux dire que ces deux mois ont fabriqué notre amour plus que les 7 précédents. Notre saint-Valentin, nos petits projets de rien, nos deux pépères, et notre animalerie… Nos corps qui s’épousaient de mieux en mieux, tu le sais, tu es, tu auras été mon meilleur amant. Et nos rires, tes façons de plus en plus venir à moi, pour m’enlacer, me toucher et juste me regarder d’un « je t’aime ». Deux mois, où cette vie prenait la forme que j’avais tant attendue, deux mois où tout se brisait derrière nous sans que je ne puisse rien faire contre cela.

Tu n’as jamais su que le jour où l’on m’a appris ma mutation, où l’on m’a dit « ça y est, tu pars, tu dois partir », j’ai passé la journée à l’hôpital et non au travail. J’ai hurlé d’abord, pleuré tellement, et mon corps a vacillé une fois de plus, sous les spasmes, les convulsions de la rage. Dans une semaine, je devais partir, déguerpir, t’annoncer tout cela, et te quitter, oui, te quitter vraiment.

Il ne s’agit pas d’impulsivité comme tu le résumeras par la suite, juste d’incompréhension, de manque de dialogues, juste de ma faute, de mes fautes répétées, et je vis avec la culpabilité du moi sans toi depuis ce samedi là où, je voyais s’éloigner ton appartement, notre appartement, à jamais. Et pourtant, je ne savais pas encore que le mot « jamais » serait le plus adéquat,  j’ai entendu que tu n’acceptais pas cette fatalité là, tu as entendu que je partais pour toujours, nous avons entendu ce que nous voulions alors, si salis l’un et l’autre par l’amertume d’une rupture insensée.

Alors voilà, les jours passent, un mois maintenant, et lorsque je te demande si tout est vraiment, définitivement fini, tu réponds que tu « penses » que oui. Je devrais alors abandonner le combat, mais il n’existe pas de laveries automatiques pour les cœurs enracinés et peints à la couleur d’un seul et unique amour. Je n’ai pas voulu, je ne le souhaite toujours pas, me nettoyer de toi.

Quoi faire alors ? L’argent vient maquiller ma volonté, le travail m’emprisonne, et j’en reviens à ce cœur qui raisonne et cette raison qui éprouve, lequel choisir… Démissionner pour toi, te revenir, je suis le seul à pouvoir engager cette rupture d’avec moi-même, mais sans certitudes de ta part, sans un minimum de détails qui confirmerait tes propres envies à me vouloir à nouveau dans ta vie.

Je réfléchis, je suis calme. Partir et tout quitter encore, pour toi, nous savons bien que j’en suis capable. Et je ne souhaite plus, non vraiment plus, me dire que parce que je suis atteint d’un mal qui, un jour dégénèrera, alors je dois forcément, là de suite, rester ancré dans une vie sociale sécurisée. C’est l’instant, le jour que je dois vivre, pas demain et ses perspectives hypothétiques. Il ne s’agit donc plus de ces considérations là. Mais ai-je le droit de le faire, de démissionner, de m’engager dans un futur immédiat plus qu’incertain, traînant par ailleurs un passé qui, d’un pur point de vue matériel gâche le quotidien, ai-je le droit de t’imposer cela. Je ne serai rien, et si je n’ai pas pris cette décision de rester, tu vois, c’est pour ne pas t’imposer cette image de moi, du rien. Je ne veux pas que tu m’entretiennes, on l’a déjà fait pour moi et je n’ai que peu aimé ces hommes qui se sont dévoués avec une certaine hypocrisie.

Je ne t’ai pas quitté. Je reste convaincu que la porte est ouverte, alors que tu prétends, toujours timidement l’avoir close. Mais que dois-je faire ? Le temps, laisser le temps ? Gagnerons-nous en confiance ou justement celle-ci nous perdra-t-elle. Tu as dit que l’on ne quittait pas les gens qu’on aime, je t’ai répondu, on se bat pour retenir les gens que l’on aime. Mais il ne s’agit pas là de combat, ou de guerre. Nous nous sommes alités sur un lit doux et honnête, non, il n’est pas de guerre à mener, juste de volontés partagées.

Je peux, que ce soit avec cet idiot de coq, ou cet autre de trente ans mon aîné, je peux me rétablir matériellement, je me moque de donner mon corps, j’ai la force nécessaire pour être absent de leurs vies dans l’objectif de celle avec toi que je pourrais sauver. Je ne peux pas te demander cette vie avec toi où, sans travail, ni ressources, je perdrais sûrement la sensation d’être ton « égal ». Un autre peut-il donc le faire pour toi, pour nous, et l’accepteras-tu ?

C’est le choix que je dois faire. Je n’ai que 9 jours, 9 jours pour rassembler les fonds nécessaires et décider de ma prochaine destination. Aide-moi. Je t’en prie, aide-moi.

Dis-moi, pour une fois, dis-moi.

 

 

par David publié dans : L'ego aime
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Mardi 29 avril 2008
J'en avais marre du jeune et con Damien Saez. Marre de ses jérémiades, de sa voix gémissante et des ses textes à enfoncer des portes ouvertes.
Je me souviens de la découverte de cet artiste, à la même époque environ que Raphael, et c'est à peu près au même moment que j'ai commencé à les trouver, bien que différents l'un et l'autre, "gonflant". Pourtant adorés aux premiers albums, les deux jeunes artistes se sont vite transformés en "machines à tubes", quoique Saez plus en réserve avec son attitude faussement rebelle...
Et puis il y eut Saez sur scène, une véritable catastrophe "ouïstique", un désastre, je ne voulais plus l'entendre.
Ce n'est donc que par curiosité que j'ai téléchargé le nouvel album.
En fait, Damien Saez, désormais délivré des chaines d'Universal s'autoproduit. Et il livre sa nouvelle galette sous deux formats, un simple album intitulé "Paris" et un triple album (rien que ça ! 29 chansons en tout) intitulé Varsovie/L'Alhambra/Paris"... Je suis tombé dans le piège !
Le lendemain, j'achetais sans aucune hésitation le triple cd du petit con qui, merde, a bien évolué. Les textes qui frôlent encore parfois une démagogie prépubère, dont le single "Jeunesse Lève-toi", se sont enrichis d'une mâturité réellement splendide. Je n'ai pas très bien compris le principe du triptique, puisque les chansons sont réparties sans ordre précis par rapport aux titres des disques et l'ensemble reste très très homogène à savoir : SOMBRE.
Contrairement au précèdent album Debbie, Saez est ici dans l'accoustique, une seule guitare souvent pour accompagnement et une voix qui s'est adoucie, qui se contrôle et même chante juste parfois !
Le disque le plus réussi est selon moi "Varsovie" où je retrouve là, dans chaque parole, une étrange écho, franchement désagréable en cette période réellement difficile de ma vie. Ainsi, le titre "Que tout est noir" est bien le plus représentatif, le plus beau me semble-t-il, mais il en est tant à découvrir dans ces 29 chansons, vraiment.
L'artiste a pris en force et en assurance, et surtout en mâturité. Les textes peuvent parfois frôler la poésie et y toucher même, tant les tournures sont espièglement bien trouvées.
Pour sûr que le mec a du vivre les évènements évoqués pour les retranscrire aussi douloureusement !!!
Enfin voilà, contrairement à Raphael, dont le dernier opus reste très moyen, je dirai que Saez, lui, est revenu, et tant mieux, cela fait du bien (et du mal mais bon, j'assume !)
Bonne écoute !
par David publié dans : Play-List communauté : Toutes les musiques
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Lundi 28 avril 2008
Les jours se suivent et.. se ressemblent... Ah non, probablement ai-je oublié que j'avais un nouveau "pote". C'est cela donc, un "pote", allons bon, je n'arriverai pas à sortir le mot des guillemets pourtant...
Combat de coqs au poulailler, un coq qui se croit tel et qui a bien perdu de sa prestence dans la confusion des attitudes plutôt moches, un autre qui ne se revendique pas coq et qui préfére regarder tout cela de bien loin, et au jeu de la poule dans l'enclos, je prends le rôle... Oui, sauf que je ne suis pas la proie, dommage, et puis, il est révolu le temps où il aurait été plaisant de voir deux prétendants se battre en duel pour vous.
Je laisse mon "pote" m'oublier, je préfère l'oubli à la descente au rang zéro, "ami" aurait encore pu passer quoique le dire déjà me paraît bien précoce, et je laisse le coq se rouler dans ses vanités, imaginer l'inimaginable. Quant à moi, je poursuis à déambuler là, sinueux chemin dont je ne suis pas vraiment le décideur. Je me sens marionnette, d'un corps, des autres, et d'un certain vide, celui qui vous donne le goût du rien.
Les nouvelles aujourd'hui sont pires que celles attendues, mais au jeu du pire, finalement, rien ne m'étonne plus. Dire que je suis prêt serait une gageure, disons que voilà, je ne suis pas surpris et vaille que vaille, je ne suis plus maître là non plus.
Beaucoup de demains tombent à l'eau d'un coup, des horizons plus nuageux à traverser, pour aller où ?, hélas je ne le sais que trop peu, à moins que je ne veuille l'admettre. Il y a une certaine satisfaction, j'étais fatigué, et voilà des évènements indépendants de ma volonté qui viendront justifier mon état, j'aurai toutes les excuses, même si j'ai baissé les bras ou abandonné les armes. Et puis, de quelle bataille parle-t-on, je n'ai jamais trop bien compris le sens de celle-ci. Mourir ou pas, le chemin qui nous mène là-bas prend des tournures que parfois rien ne perturbe.
Je voulais démissionner de mon emploi, la lettre est prête, j'attends quelques jours, une réponse, 15 mai, date fatidique, ensuite, peu m'importe, soit j'occuperai un poste bien plus intéressant, soit j'irai là où je saurai toujours me redresser.
Point de peur, ainsi dira-t-on : vanité ! Probable, mais enfin, de quoi pourrai-je bien avoir peur. La maladie, les maladies sont là, l'amour n'y est plus, le travail en dessous de tout cela, et bien, pardonne moi mon "pote" mais cela représente bien peu, et famille et amis, oui, mais les conditions sont toujours celle des intimités à ne pas perturber.
Mon père s'est aujourd'hui fait opérer de son cancer à lui, drôle de coïncidance, je n'ai pas trop angoissé, une pensée par moments, puis sa voix exténuée ce soir au téléphone, l'opération s'est bien passée... S'il savait ! Finalement, finalement, je n'aurai jamais appris à aimer mon père, mais il est, il existe et je le respecte désormais. Il est mon père, rien que cela, et parfois, ce peut être pas grand chose, sans que l'on en ressente une quelquonque gêne ou honte.
Le coiffeur m'a dit que j'étais beau, je ne crois plus en ces compliments, d'autant plus quand ils émanent d'éphèbes sortis d'une antiquité dont j'aurais adoré vivre les fantaisies. Mais du baume à l'égo, juste cela. L'avantage de mes ruptures ? Je perds certainement autant de larmes que de kilos à chaque reprise. Comme quoi, les régimes d'avant été ne servent pas à grand chose.
Je n'appèlerai pas mon "pote". Premier jour même sans le moindre sms. J'y pense, n'oublie pas, mais tout ce fracas ne me démange pas. Je ne veux plus entendre de mal, du méchant ou du cinglant. Et peut-être que je ne veux plus savoir si tout cela est la réalité. Je ne sais pas désaimer si vite, si tôt, mais j'ai appris à disparaître, moi le farouche partisan, autrefois, des amours à renaître, en amitiés.
Laissons donc mon "pote" bien occupé.
Et je vais me laisser aussi pleurer, j'ai écrit, cela n'a pas servit ce soir, voyez-vous, pourtant les nouvelles étaient pires. Plus de couplets sur qui appeler ou non, plus de lamentations véritables. Je m'en moque un peu, dormir, voilà, dormir, et demain sera aujourd'hui, puisque les jours passent et se ressemblent décidément beaucoup trop...
par David publié dans : L'ego pleure
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L'humeur Musicale





Portishead
"Plastic"
Extrait de "Third" (2008)
   

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